Ramadan : excès de la rupture du jeûne au Sénégal 2


Après une journée de privation, les marchés de Dakar sont pris d’assaut par des croyants désireux de fêter comme il se doit la fin du jeûne.

 Le fait courant pendant la période du carême – qu’il soit chrétien ou musulman avec le ramadan – se résume souvent au jeûne. Les fidèles doivent faire restriction de tous les plaisirs mais surtout du manger : ainsi pour le profane, carême est égal au refus délibéré de manger dans le but de se purifier.

Mais durant le mois de ramadan, les denrées alimentaires coûtent plus chères et les commerçants en profitent pour faire de grosses affaires. Si nous devons suivre la loi du marché qui est celle de la demande et de l’offre, on ne devrait pas assister à cette inflation qui caractérise le mois du jeûne. La seule explication c’est que durant le mois de ramadan, les fidèles mangent plus et parfois versent dans l’exagération.

Chep jeun, café touba et riz yassa

A Dakar la capitale du Sénégal, le phénomène est plus palpable. De grosses marmites sont disposées aux coins des rues, certaines pour préparer du chep jeun, d’autres pour le café touba ou simplement du thé. La gloutonnerie s’invite tout naturellement aux jeux de prières. Ici nous sommes dans une rue de Dakar, non loin du marché Fass pailotte ou de jeunes talibés s’activent à collecter de l’aumône chez les passants et à préparer du café touba, spécialité locale sénégalaise.

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Plus loin dans une salle de gym, des amis se retrouvent pour casser le jeûn autour d’un plat garni de sandwich, de lait, de jus de fruit, de dattes et bien sûr du thé. Dans les maisons, c’est la grande gloutonnerie. On se remplit le ventre de lait, de riz yassa au poulet ou au mouton. Bref, le jeûne ici est loin d’être une opération de disette. On mange bien, pourvu que le soleil se couche.

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A la tombée de la nuit, toutes les privations s’envolent, le mari rejoint sa femme, les bin- bin, perles que les femmes portent autour de leur bassin, reprennent leur droit de cité et les  »oubil tanki boubah », opérations de jambes en l’air redeviennent d’actualité. Le mois du ramadan, c’est le mois de toutes les privations mais aussi celui de toute la gourmandise. Rendez-vous dans le billet prochain pour parler de l’absentéisme dans les services publics.


tokpanoukoudjo

A propos de tokpanoukoudjo

Je suis Béninois, résident au Sénégal. Médecin de formation et spécialiste des maladies infectieuses et tropicales. En outre j'ai une licence en sociologie, ce qui m'aide à faire le pont avec l'homme qui est le coeur de ma profession médicale. En effet tout bon médecin, doit connaître la sociologie de son patient. Car une médecine sans sociologie est une médecine déshumanisée. Ma passion se résume essentiellement en l'écriture et la littérature. Ainsi je suis auteur de "Cedôtôde ou une enfance brisée", roman, édité aux stars Editions, Cotonou, Septembre 2013. A travers ce roman j'évoque la vie difficile des enfants placés appellés '' vidomessi'' en langue '' goungbé'' parlée à Porto-Novo au sud du Bénin. En cours de publications: "Où va le monde des charognards et des vautours", éditions Harmattan, Sénégal. Cet essai de 200 pages aborde les incohérences de la politique africaine et internationale. Cette politiqque qui au nom des intérêts des Etats n'hésite pas à sacrifier des vies humaines. "Ma conviction intime pour le MJUD", Stars Editions. Il s'agit d'une oeuvre de militantisme politique qui relate mon petit parcours d'activiste politique à travers le Mouvement des Jeunes Unis pour le Développement (MJUD). J'ai rencontré mondoblog sur RFI grâce à ma passion pour la culture et la littérature. J'y fais mon petit chemin d'apprenant, pour partager avec le monde les vécus sociétaux et culturels autour de moi. Mes leaders spirituels et charistimatiques sont: Patrice Lumuba, Thomas Sankara, Martin Luther King et Nelson Mandela. Je crois en leur lutte pour un monde plus humain.


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2 commentaires sur “Ramadan : excès de la rupture du jeûne au Sénégal