Le monde insensible aux étudiants massacrés au kenya


Jeune de ma cité, bonjour !
Jeune de ma cité, les jours passent et le monde ne cesse de bouger. Nous sommes dans une dynamique qui tourne la tête à tous les dirigeants et même au citoyen lambda comme toi et moi. Ils se réunissent à des sommets quand le monde brûle autour d’eux. Ils sont en même temps les pyromanes et les sapeurs-pompiers. Donc plus rien n’étonne !
Jeune de ma cité, le monde bouge, la dynamique est forte, mais rien ne change. On a connu les attentats de Charlie avec la marche des présidents parisiens. Après Paris, certains ont fait escale à Tunis, aussi pour marcher contre ce qu’ils ont eux-mêmes semé et continuent d’alimenter: le terrorisme. Jeune de ma cité, mais le comble, c’est que personne ne veut aller marcher au Nigéria contre Boko Haram. Mais là c’est encore c’est rien peut être. Les Tchadiens sont au front et protègent les intérêts tchadiens car que personne ne nous dise qu’ils sont là pour lutter contre le terrorisme.
Jeune de ma cité, ce qui m’écœure c’est le silence sépulcral suite à la mort de plus de 146 étudiants massacrés par la barbarie humaine ou sauvage de quelques ‘’illuminés’’ assoiffés de sang innocent. Pas de consternation des présidents africains, pas de condamnation des institutions internationales. Combien sont morts à Paris : 22, à Tunis : 21, à Maiduguri : je n’ose pas avancer des chiffres. Mais au Kenya : 146 jeunes, espoir d’un continent à la dérive sont massacrés. Et rien, oui c’est ça la politique internationale. Ensemble pour soutenir les Forts, et ensemble pour abandonner les faibles dans leur malheur : C’est ça la force des intérêts militaires et commerciaux qui gouvernent notre monde.
Jeune de ma cité, en ce moment, les campagnes pour les législatives sont lancées dans la cité. Là encore les mêmes choses. Qu’ils soient de la mouvance ou de l’opposition, c’est le même refrain. Promesses électorales qui n’engagent que ceux qui y croient avait dit Hagbè. Mais jeune de ma cité tu continues à y croire : Parlement pour trouver emploi à la jeunesse, député pour recréer l’unité nationale. Parlement pour sauver la démocratie, Honorable pour défendre le droit des femmes et des enfants. Ne parlons pas des novices qui tentent leur chance pour la première fois : ils vont construire des écoles et des centres de santé. Ils vont donner l’eau et l’électricité. Ils se mélangent les pédales. Bref jeune de ma cité, les mêmes choses. Le monde bouge mais rien ne change. La dynamique est si forte et donne des céphalées.
Jeune de ma cité, et toi-même dans tout ce tsunami. Tu cours d’un meeting à un autre. Tu tapes là où ça sonne le plus. Tu cours, tu te bats pour un sandwich, pour quoi encore ? Ma chronique n’est pas pour faire l’éloge de ces gadgets qui font courir femmes, hommes et enfants au cours de ces périodes de fortes mobilisations. Tu es invité à voter ‘’ le sang’’, car on est mieux servir que par soi-même ou les siens. Tu es invité à voter contre le régionalisme : c’est triste ! Car ceux qui te parlent de régionalisme te demandent de ne pas voter pour l’autre parce qu’il est d’ailleurs. Qui est régionaliste et qui ne l’est pas ? Alors soyons un peu sérieux.
Jeune de ma cité, le monde bouge mais rien ne change parce que toi et moi, nous confions la gestion de notre vie à des gens qui ne s’y connaissent pas vraiment. Notre dette nationale astronomique est attribuable, en majeure partie, à des politiciens peu instruits et à des fonctionnaires du gouvernement qui prennent des décisions, sur le plan financier, avec peu ou pas de formation dans ce domaine.
Jeune de ma cité, ils seront nombreux à remplir l’hémicycle : diplômés de hauts écoles, universitaires, marchands et marcheurs, vendeurs et commerçants, petits diplômés parvenus, opportunistes, vieux et vielles ; mais quatre ans après, on serait au même niveau : Rien n’aurait bougé malgré la forte dynamique du monde. Et nous allons reprendre les mêmes festins.
Jeune de ma cité, à la semaine prochaine.
Tkp


tokpanoukoudjo

A propos de tokpanoukoudjo

Je suis Béninois, résident au Sénégal. Médecin de formation et spécialiste des maladies infectieuses et tropicales. En outre j'ai une licence en sociologie, ce qui m'aide à faire le pont avec l'homme qui est le coeur de ma profession médicale. En effet tout bon médecin, doit connaître la sociologie de son patient. Car une médecine sans sociologie est une médecine déshumanisée. Ma passion se résume essentiellement en l'écriture et la littérature. Ainsi je suis auteur de "Cedôtôde ou une enfance brisée", roman, édité aux stars Editions, Cotonou, Septembre 2013. A travers ce roman j'évoque la vie difficile des enfants placés appellés '' vidomessi'' en langue '' goungbé'' parlée à Porto-Novo au sud du Bénin. En cours de publications: "Où va le monde des charognards et des vautours", éditions Harmattan, Sénégal. Cet essai de 200 pages aborde les incohérences de la politique africaine et internationale. Cette politiqque qui au nom des intérêts des Etats n'hésite pas à sacrifier des vies humaines. "Ma conviction intime pour le MJUD", Stars Editions. Il s'agit d'une oeuvre de militantisme politique qui relate mon petit parcours d'activiste politique à travers le Mouvement des Jeunes Unis pour le Développement (MJUD). J'ai rencontré mondoblog sur RFI grâce à ma passion pour la culture et la littérature. J'y fais mon petit chemin d'apprenant, pour partager avec le monde les vécus sociétaux et culturels autour de moi. Mes leaders spirituels et charistimatiques sont: Patrice Lumuba, Thomas Sankara, Martin Luther King et Nelson Mandela. Je crois en leur lutte pour un monde plus humain.

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