Au Bénin, l’effort d’éviter une année blanche aux apprenants devient un impératif républicain. 1


Les souvenirs des années 88-89 reviennent hanter l’esprit de ceux, qui élèves ou étudiants vécurent ces moments de debrayage dans les écoles et à l’Univesité Nationale de Bénin.

Jeune élève, je venais de décrocher avec brio mon Certificat d’Etude de Fin d’Enseignement de Base (CEFEB).  J’étais le plus jeune des sept élèves de mon école à avoir realisé cet exploit. Oui, exploit car réussir à cet examen en ce temps- là, n’était pas à la portée de l’élève moyen. Bref, je devais commencer ma nouvelle vie de collègiens à la capitale, au CEG Davié, sur les traces de ma soeur aînée qui m’y précéda deux ans plus tôt. Mais hélas, c’est sans compter avec les mouvements de grève en cours dans le pays depuis les années 85 et qui connurent leur apogée en 89. La célèbre étudiante Wawounwa Thérèse, et ses paires faisaient trembler le féroce régime dictatorial du président revolutionnaire Kérékou. Tout le pays fut paralysé: services d’Etat fermés, les fonctionnaires transformés en trafiquants d’essence, les élèves à la maison, les étudiants matraqués, emprisonnés et tués. Enfin, ce fut l’année blanche qui m’accueillit aux portes du CEG Davié.

De nos jours, loin de cette période révolutionnaire, le mécontentement gronde de plus en plus dans le rang des étudiants et des enseignants. Certains exigent de meilleures conditions d’étude, d’autres font semblant de refuser les salaires,mais exigent leur statut particuluer. Quant aux agents de santé, ils sont aussi mécontents. Reformes dans le secteur, oui, mais avec integration de tous. Les salaires sont defalqués à tous, grèvistes ou non. C’est l’application des textes. Mais le debrayage continue.

Dans ce contexte, le gouvernement et les syndicats jouent au jeu de cache-cache. Les séances de négociations sont reportées sine die. Mais au moins le  » ciel de Banamé » s’en mêle. Le « dieu esprit saint » sur la terre joue au médiateur ou à la médiatrice. Elle a rencontré certains syndicats, sûrement pour les inviter à la retenue et ne pas perturber l’ordre républicain.

Pendant ce temps tous les voyants clignotent avertissant de la survenue imminente d’une année blanche dans le pays autrefois désigné « quartier Latin » de l’Afrique.

Les jours à venir pourraient mieux nous situer.

Tkp.

 

 


tokpanoukoudjo

A propos de tokpanoukoudjo

Je suis Béninois, résident au Sénégal. Médecin de formation et spécialiste des maladies infectieuses et tropicales. En outre j'ai une licence en sociologie, ce qui m'aide à faire le pont avec l'homme qui est le coeur de ma profession médicale. En effet tout bon médecin, doit connaître la sociologie de son patient. Car une médecine sans sociologie est une médecine déshumanisée. Ma passion se résume essentiellement en l'écriture et la littérature. Ainsi je suis auteur de "Cedôtôde ou une enfance brisée", roman, édité aux stars Editions, Cotonou, Septembre 2013. A travers ce roman j'évoque la vie difficile des enfants placés appellés '' vidomessi'' en langue '' goungbé'' parlée à Porto-Novo au sud du Bénin. En cours de publications: "Où va le monde des charognards et des vautours", éditions Harmattan, Sénégal. Cet essai de 200 pages aborde les incohérences de la politique africaine et internationale. Cette politiqque qui au nom des intérêts des Etats n'hésite pas à sacrifier des vies humaines. "Ma conviction intime pour le MJUD", Stars Editions. Il s'agit d'une oeuvre de militantisme politique qui relate mon petit parcours d'activiste politique à travers le Mouvement des Jeunes Unis pour le Développement (MJUD). J'ai rencontré mondoblog sur RFI grâce à ma passion pour la culture et la littérature. J'y fais mon petit chemin d'apprenant, pour partager avec le monde les vécus sociétaux et culturels autour de moi. Mes leaders spirituels et charistimatiques sont: Patrice Lumuba, Thomas Sankara, Martin Luther King et Nelson Mandela. Je crois en leur lutte pour un monde plus humain.


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