Thomas Sankara: Un martyr négligé au Burkina Fasso.


Comme le fit le Christ il a donné sa vie pour sauver ses convictions politiques et sociales en lesquelles il croyait. Mort en martyr après avoir été trahi par son plus proche ami et frère, le Président capitaine Thomas Sankara connaît une seconde mort dans son pays, du fait de la négligence et de l’oubli que sa mémoire matérielle subit au quotidien.


1- Une visite sur les traces de Thomas Sankara.

Je me suis toujours juré que mon premier point de chute dès mon arrivée à Ouaga serait le cimetière où Thomas Sankara fut enterré à la hâte après son horrible assassinat le 15 octobre 1987 au siège du Conseil de l’Entente à Ouagadougou. Effectivement l’occsasion m`a été donnée la semaine dernière de faire un tour au Burkina Fasso et donc de réaliser mon rêve de me recueillir sur la tombe de mon leader charistimatique.

Mais quelle ne fut pas ma surprise désagréable de constater que ce qui devait être un lieu de recueillement et d’inspiration, un sanctuaire pour nombre de leaders africains et mondiaux est laissé dans une ruine totale. Un grand espace dit «  cimetière« , avec quelques tombeaux dispersés dans une broussaille mal entretenue. Ce fut mon premier choc. Comment peut-on laisser un endroit d’aussi haute importance dans une ruine sans pareille. Même mon ami Burkinabè qui a eu la gentillesse de me servir de guide, se perdait dans l’orientation et le site réel ou le président Thomas aurait été « enfoui«  à la hâte en ce jour sombre d’octobre 1987. Finalement nous avons eu recours à un riverain qui a accepté nous conduire sur ce qui restait des peirres tombales où le révolutionnaire et de ses autres collègues d’infortune qui ont trouvé la mort avec lui dans les mêmes circonstances barbares furent inhumés.

Plus rien ne reste des tombeaux. Si ce n’est des blocs de pierres remués dans tous les sens. Notre guide improvisé nous donna comme explication que ce désordre est dû à l’exhumation des restes pour raison d’enquête.

Cimetire Thomas Sankara. Mon ami et moi postant derrière ce qui reste des pierres tombales de Thomas

Cimetière Thomas Sankara. Mon ami et moi postant derrière ce qui reste des pierres tombales de Thomas

Reste des pierres tombales de Thomas. Lisez avec attention Président- Chef de l'Etat

Reste des pierres tombales de Thomas. Lisez avec attention Président- Chef de l’Etat

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Un sanctuaire abandonné à la ruine.

Bloc de pierre illustrant l`état actuel du cimetière Thomas sankara

Bloc de pierre illustrant l`état actuel du cimetière Thomas sankara

Je n’ai rien contre l`enquête pour établir les circonstances du décès du capitaine Thomas et ses collègues d`infortune: Je trouve même que c’est capital pour enfin faire le deuil de nos martyrs. Mais je suis contre l’abandon dans la ruine  d’un lieu aussi symbolique. Même si le gouvernement défunt a voulu tuer avec Sankara tout ce qui lui est rattaché, au moins que les autorités actuelles et les responsables de la municipalité sauvegardent la mémoire physique des «  sacrifiés«  du peuple. Au delà de l’aspect révolutionnaire, la municipalité de Ouagadougou peut faire de ce lieu un site touristique à forte destination. Mais hélas nous sommes une fois encore en Afrique.

2- Cap mis sur la maison famililale de Thomas Sankara à Ouagadougou.

Après mon amertume au cimetière je me suis décidé à rendre une visite de courtoisie à la famille du capitaine Thomas Sankara en plein coeur de Ouagadougou. Mon ami Kaboré après quelques détours me conduisit donc dans cette maison paternelle qui a vu naître le grand leader. Ce qui frappe d’emblée est la sobriété de la maison. Une maison semblable à toutes celles qui l’entourent à la différence que sur le mur de celle-ci est frappée une plaque nommant la rue «  Rue Joseph SANKARA« 

A l’intérieur de la maison, c’est la même simplicité que celle qu’incarnait Thomas Sankara. Une belle soeur du capitaine nous accueillit avec sourire aux lèvres et forte sympathie et nous présenta quelques photos archives de mon leader. Ensuite je fis une visite émouvante des lieux où mon feu capitaine a passé ses jours d’étudiant. Ce fut pour moi une visite de recueillement et d’inspiration. Le martyr est mort, vive le martyr: La patrie ou la mort, nous vaincrons.

 

 

 


tokpanoukoudjo

A propos de tokpanoukoudjo

Je suis Béninois, résident au Sénégal. Médecin de formation et spécialiste des maladies infectieuses et tropicales. En outre j'ai une licence en sociologie, ce qui m'aide à faire le pont avec l'homme qui est le coeur de ma profession médicale. En effet tout bon médecin, doit connaître la sociologie de son patient. Car une médecine sans sociologie est une médecine déshumanisée. Ma passion se résume essentiellement en l'écriture et la littérature. Ainsi je suis auteur de "Cedôtôde ou une enfance brisée", roman, édité aux stars Editions, Cotonou, Septembre 2013. A travers ce roman j'évoque la vie difficile des enfants placés appellés '' vidomessi'' en langue '' goungbé'' parlée à Porto-Novo au sud du Bénin. En cours de publications: "Où va le monde des charognards et des vautours", éditions Harmattan, Sénégal. Cet essai de 200 pages aborde les incohérences de la politique africaine et internationale. Cette politiqque qui au nom des intérêts des Etats n'hésite pas à sacrifier des vies humaines. "Ma conviction intime pour le MJUD", Stars Editions. Il s'agit d'une oeuvre de militantisme politique qui relate mon petit parcours d'activiste politique à travers le Mouvement des Jeunes Unis pour le Développement (MJUD). J'ai rencontré mondoblog sur RFI grâce à ma passion pour la culture et la littérature. J'y fais mon petit chemin d'apprenant, pour partager avec le monde les vécus sociétaux et culturels autour de moi. Mes leaders spirituels et charistimatiques sont: Patrice Lumuba, Thomas Sankara, Martin Luther King et Nelson Mandela. Je crois en leur lutte pour un monde plus humain.

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