Chronique N°4 : Jeunes de ma cité, plus de cinq mille milliards de francs CFA pour la cité !


Jeunes de ma cité, la nouvelle est tombée au cours de la semaine. Le pari est remporté au-delà même des attentes. IL faut tirer chapeau au boss, car il a réussi l’exploit de mobiliser les investisseurs internationaux autour des enjeux de la cité, même si les grands patrons de la cité ont boycotté la table ronde, sûrement qu’ils voulaient une table rectangulaire dans la cité. Une fois encore félicitations au boss et à son équipe. On parle de plusieurs projets pour la cité, construire des infrastructures, construire la route des pêches, la route de l’élevage sans oublier la route de l’agriculture, tu vois ce que d’autres appellent la révolution verte.
Jeunes de ma cité, mais tu sais entre toi et moi que le problème n’est pas là. Le problème se trouve justement sur la façon dont ces milliards seront gérés. Déjà dans la cité, nous avons cessé de bouffer avec des cuillères et c’est avec des louches que nous bouffons. Tu te souviens de cette boutade de « dadjê » au cours de la campagne ? Oui « dadjê » avait reconnu publiquement qu’en leur temps c’est avec des cuillères qu’ils bouffaient, mais maintenant c’est à la louche que ceux qui sont là se servent. Tu vois jeunes de ma cité, si entre temps on n’a changé la louche pour utiliser les pelles de maçon, tu comprends que ces milliards vont vite se volatiliser ?
Jeunes de ma cité, dans un adage populaire de la cité, on dit souvent « qui vole un œuf volera un bœuf ». Mais tu sais très bien, que dans la cité, y a plus d’œufs, tout est déjà volé, et nous sommes passés aussi au vol des bœufs, et y a plus de bœufs, car tout est volé aussi, et maintenant, nous sommes aux éléphants blancs. Point n’est besoin, jeunes de ma cité de chercher loin pour trouver ces éléphants blancs. Va vers la capitale, au bord du fleuve, il se dresse là, tout géant et tout beau, paré de ces quatorze milliards de francs CFA et pourtant, les députés ont cédé leurs places aux reptiles et autres rats de brousse. Jeunes de ma cité, parcourt le pays et tu verras d’autres éléphants blancs dans lesquels plusieurs milliards sont engloutis.
Jeunes de ma cité, tu vois mon problème, c’est dans ces conditions que plus de cinq mille milliards de francs CFA sont promis pour la cité. Comment le boss va suivre cette gestion pour que dans quelques jours, on ne dit pas que la cousine de la belle mère de la tante du ministre a bénéficié d’une petite calotte pour son évacuation à Val de Grâce. Jeunes de ma cité, comment faire pour que les cinq mille milliards ne suivent pas les voies de la CENSAD pour laquelle la commission d’enquête parlementaire n’est pas encore arrivée à trouver les dessous.
Jeunes de ma cité, je ne voudrais pas parler de voler, mais comment faire pour que ces cinq mille milliards ne passent pas dans la main gauche, et ne pas impacter les projets retenus d’avance. Jeunes de ma cité, j’ai peur des passations de marché gré à gré, j’ai peur que ce soit des milliards pour les campagnes à venir. J’ai peur qu’on ne confie les marchés surfacturés aux copains de classe, aux amis de quartier qui vont faire couler lentement les fonds vers des caisses et des comptes out contrôle.
Jeunes de ma cité, c’est bien d’avoir des promesses de mobilisation de cinq mille milliards, mais c’est encore mieux que ces fonds participent intégralement à la réalisation des différents projets de développement. Si le boss a pu mobiliser tant de fonds, je suggère qu’il dispose d’un système performant de gestion desdits fonds, je suggère qu’il confie les fonds aux voleurs, car encore un adage de la cité, qui dit que « le voleur ne vole jamais ce qui lui est confié »
Jeunes de ma cité, ouvrons grandement donc les oreilles et les yeux pour voir comment les cinq mille milliards de francs CFA vont contribuer à l’émergence tant attendue de la cité, et la prospérité partagée espérée de tout cœur.
Jeunes de ma cité, à la semaine prochaine !
Tkp


tokpanoukoudjo

A propos de tokpanoukoudjo

Je suis Béninois, résident au Sénégal. Médecin de formation et spécialiste des maladies infectieuses et tropicales. En outre j'ai une licence en sociologie, ce qui m'aide à faire le pont avec l'homme qui est le coeur de ma profession médicale. En effet tout bon médecin, doit connaître la sociologie de son patient. Car une médecine sans sociologie est une médecine déshumanisée. Ma passion se résume essentiellement en l'écriture et la littérature. Ainsi je suis auteur de "Cedôtôde ou une enfance brisée", roman, édité aux stars Editions, Cotonou, Septembre 2013. A travers ce roman j'évoque la vie difficile des enfants placés appellés '' vidomessi'' en langue '' goungbé'' parlée à Porto-Novo au sud du Bénin. En cours de publications: "Où va le monde des charognards et des vautours", éditions Harmattan, Sénégal. Cet essai de 200 pages aborde les incohérences de la politique africaine et internationale. Cette politiqque qui au nom des intérêts des Etats n'hésite pas à sacrifier des vies humaines. "Ma conviction intime pour le MJUD", Stars Editions. Il s'agit d'une oeuvre de militantisme politique qui relate mon petit parcours d'activiste politique à travers le Mouvement des Jeunes Unis pour le Développement (MJUD). J'ai rencontré mondoblog sur RFI grâce à ma passion pour la culture et la littérature. J'y fais mon petit chemin d'apprenant, pour partager avec le monde les vécus sociétaux et culturels autour de moi. Mes leaders spirituels et charistimatiques sont: Patrice Lumuba, Thomas Sankara, Martin Luther King et Nelson Mandela. Je crois en leur lutte pour un monde plus humain.

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