Chronique N° 2, Jeune de ma cité, quelles sont les nouvelles de la grande cité, l’Afrique !


Jeune de ma cité, bonjour ! Quoi de neuf sur cette terre sacrée appelée l’Afrique ? C’est sûr que tu me diras rien, rien de bon ou de neuf, à attendre de cette partie du monde qui semble plonger davantage la tête sous l’eau. Et là tu auras raison ! Rien de bon, ni de nouveau !
Jeune de ma cité, tu connais depuis 20 ans la situation de la Somalie, pays sans Etat, les Shebab qui contrôlent le pays, tuent au nom d’Allah, commettent des attentats jusqu’au Kenya ! La Centrafrique, tu vois aussi ce qui s’y passe, CELEKA et ANTIBARAQUA, prennent la nation en otage ! Tu souhaites que je continue ? Oui, allons voir ce qui se passe en Lybie : les français et les occidentaux fuient le pays, après avoir y allumé un grand feu qui brûle tout sur son passage. C’est ça leur objectif, créé une nouvelle Somalie, en Afrique et comme toujours, ils ont réussi. Oui jeune de ma cité, quoi de neuf, dans la grande cité ? N’oublions pas Boko Aram. On comprend mieux maintenant pourquoi ils avaient kidnappé des femmes : les utiliser pour commettre des attentats suicide, on parle de kamikaze. Ils n’hésitent même pas à frapper hors du Nigéria, prenant en otage la femme du vice premier ministre camerounais. Jeune de ma cité, c’est ça les nouvelles sur le continent. Je laisse exprès le Mali pour ne pas trop tourner le couteau dans la plaie.
Jeune de ma cité, mais ce qui serait suicidaire que je laisse, c’est encore cette nouvelle épidémie, qui frappe le continent. Les spécialistes parlent de la FIEVRE HEMORRAGIQUE EBOLA : Ils aiment trop les gros mots, ces agents de santé ! C’est encore quoi cela ? L’Afrique n’a pas encore fini de régler le problème du paludisme, l’Afrique peine à résister au SIDA, les africains continuent à mourir de l’hépatite, la famine crève le ventre des enfants et voilà qu’ils sortent encore une autre maladie qu’ils disent plus grave et plus mortelle que le SIDA. Et c’est encore et toujours, ton continent, mon continent, notre continent, l’Afrique ! Qu’avons- nous fait pour mériter tous ces catastrophes sanitaires ?
Jeune de ma cité, laisse -moi te dire que le problème de la FIEVRE HEMORRAGIQUE EBOLA est vraiment préoccupant. Tu sais que pour le paludisme, c’est le moustique anophèle qui est le vecteur, pour le SIDA, ce que toi et moi connaissons le plus, c’est la voie des relations sexuelles. Mais dans le cas d’Ebola, pour être sincère avec toi, personne ne connaît encore totalement tous les modes de transmission. On sait que, en touchant le malade, même son cadavre, on peut être contaminé. On sait que, en touchant les sécrétions du malade, c’est-à-dire sa sueur, son urine, son rhume, on peut être contaminé. Même en touchant les habits portés par un malade d’Ebola, on peut attraper la maladie. Tu vois que cela devient compliqué pour toi et moi. Si je voyage avec un malade d’Ebola, quand je lui serre la main, ou même quand il meurt et je fais les rites d’enterrement, je peux aussi attraper la maladie. Jeune de ma cité, c’est très grave. Mais ce qu’il faut aussi savoir est que le virus voyage avec son porteur, il prend taxi, il prend bateau, il prend avion. Alors là, tu vois que personne n’est épargnée.
Jeune de ma cité, mais comment cette maladie se manifeste t-elle ? Le malade commence par faire la fièvre, son corps, est chaud, il commence à saigner : saigner de la bouche, saigner des gencives, saigner par l’anus, il peut vomir ou tousser du sang. IL devient subitement très fatigué, et vraiment malade. Jeune de ma cité, si quelqu’un présente ces signes dont je viens de parler, avertir rapidement le centre de santé le plus proche. Ces agents de santé vont faire quoi ? Ils doivent avertir leur hiérarchie, prendre des mesures de protection adaptée pour prendre en charge le malade. Quand je parle de mesure de protection adaptée, je ne parle pas des gans en latex, ou des bavettes qui ne protègent personne. Je parle d’une combinaison adaptée et certifiée par l’OMS.
Jeune de ma cité, ce qui est encore dommage dans cette FIEVRE HEMORRAGIQUE, est qu’elle tue aussi les agents de santé qui doivent s’occuper des malades : Le médecin qui est responsable de lutter contre la maladie en Sierra Leone est déjà mort de cette maladie. Elle fait donc peur, cette nouvelle maladie qui nous frappe encore dans nos conditions déjà précaire de pauvreté. Si les agents de santé meurent, qui va alors s’occuper des malades ?
Jeune de ma cité, c’est une longue histoire, si tu as besoin de comprendre plus cette maladie, pose tes questions à la suite de cette chronique, je me donne le devoir et l’obligation de te répondre en toute sincérité. Pour le moment, prends soin de toi, évite tous comportements à risque
Jeune de ma cité, tu vois que les nouvelles dans la grande cité, ne sont pas bonnes. Continuons la lutte, déjà que nos présidents sont à la Maison Blanche, aux USA pour discuter avec le grand frère. Vivement qu’ils reviennent avec des projets solides, que ceux qui veulent tripatouiller la constitution pour dormir au pouvoir, comprennent que ces périodes sont révolues.
Jeune de ma cité, à la semaine prochaine !
Tkp


tokpanoukoudjo

A propos de tokpanoukoudjo

Je suis Béninois, résident au Sénégal. Médecin de formation et spécialiste des maladies infectieuses et tropicales. En outre j'ai une licence en sociologie, ce qui m'aide à faire le pont avec l'homme qui est le coeur de ma profession médicale. En effet tout bon médecin, doit connaître la sociologie de son patient. Car une médecine sans sociologie est une médecine déshumanisée. Ma passion se résume essentiellement en l'écriture et la littérature. Ainsi je suis auteur de "Cedôtôde ou une enfance brisée", roman, édité aux stars Editions, Cotonou, Septembre 2013. A travers ce roman j'évoque la vie difficile des enfants placés appellés '' vidomessi'' en langue '' goungbé'' parlée à Porto-Novo au sud du Bénin. En cours de publications: "Où va le monde des charognards et des vautours", éditions Harmattan, Sénégal. Cet essai de 200 pages aborde les incohérences de la politique africaine et internationale. Cette politiqque qui au nom des intérêts des Etats n'hésite pas à sacrifier des vies humaines. "Ma conviction intime pour le MJUD", Stars Editions. Il s'agit d'une oeuvre de militantisme politique qui relate mon petit parcours d'activiste politique à travers le Mouvement des Jeunes Unis pour le Développement (MJUD). J'ai rencontré mondoblog sur RFI grâce à ma passion pour la culture et la littérature. J'y fais mon petit chemin d'apprenant, pour partager avec le monde les vécus sociétaux et culturels autour de moi. Mes leaders spirituels et charistimatiques sont: Patrice Lumuba, Thomas Sankara, Martin Luther King et Nelson Mandela. Je crois en leur lutte pour un monde plus humain.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *