Mon village, mon beau village, c’est le village de l’eau, mon village c’est Tôgnon


IMG-20150615-WA0010[1]Qu’il est gai de voguer sur le lac « Tôgnon », quand le temps est serein, fredonnant un refrain. Sur l’eau calme et limpide la barque va très vite, un soleil éclatant apparaît au levant. Les pêcheurs enjôlés déploient leur filet, entonnent des chansons et capturent des poissons. Un charmant paysage se voit depuis le large, une verte cité encadre le lac « Tôgnon ». Plusieurs arbres fruitiers, palmiers et cocotiers forment un grand royaume qu’ils couvrent de leur dôme. Au loin l’eau partout calme, disparaît rame par rame, on entend plus ses bruits, ils semblent bien nous fuir. Le rivage opposé semble nous espérer, les berges par leur bruit semblent nous accueillir. Dans mon village, tout s’organise sur l’eau. Entre l’eau et les habitants, c’est une véritable union sacrée, que la crue même n’arrive pas à briser, car ici, on est respectueux des alliances, mieux on sait qu’on se marie surtout pour le pire. Ma cité couvre une superficie de 218Km2, avec six agglomérations lacustres où vivent 80.000 âmes. Cité de rêves et d’évasion, où les habitants savent joindre l’utile à l’agréable, des infrastructures d’hébergement sont aménagées pour accueillir des visiteurs et autres touristes passionnés de l’eau et des plaisirs qu’offre cette berceuse hydrique. Pour les activités commerciales, il existe un marché. Au lieu d’être un marché classique, il s’agit d’un marché flottant, sur l’eau, où on trouve de tout pour la cuisine locale. Les marchands et marchandes installent leurs étalages dans des pirogues. Les acheteurs, aussi dans leur pirogue, discutent les prix, échangent les produits, achètent et s’en vont encore par leur pirogue. Quand l’horizon engloutit le soleil et que la nuit couvre de son voile obscur le village, les amoureux se glissent dans le couloir qui est le leur, pour se passer des mots doux : c’est la rue des amoureux, la seule dans le pays. Les jours de fête, dès les premiers chants de coq, les tambours tirent les villageois de leur sommeil. Ils se réveillent vite, plient leur natte et se préparent pour la fête du village. Dans les cuisines, les femmes s’affairent, certains de nos coqs ne chanteront plus jamais, et les vins de palme remplissent les jarres. Personne ne boira ce jour l’eau du lac. Le soir donc, tout le monde se dirige vers la place publique où les groupes folkloriques vont faire des prestations et le groupe le plus talentueux sera primé par les autorités du village. Le jour de la fête, la plus solennelle, est celle dédiée au génie protecteur du village, le génie « Tolègba2». Ce génie est célébré tous les 10 Janvier de chaque année. La légende raconte, que le génie protecteur du village, avait protégé nos aïeux des razzias du roi « Mèhoutô3. » Ce roi organisait chaque année des razzias pour alimenter le commerce des esclaves. Ainsi, un jour le génie aurait provoqué unChez moi, c’est le village lacustre de Tôgnon1. Qu’il est gai de voguer sur le lac « Tôgnon », quand le temps est serein, fredonnant un refrain. Sur l’eau calme et limpide la barque va très vite, un soleil éclatant apparaît au levant. Les pêcheurs enjôlés déploient leur filet, entonnent des chansons et capturent des poissons. Un charmant paysage se voit depuis le large, une verte cité encadre le lac « Tôgnon ». Plusieurs arbres fruitiers, palmiers et cocotiers forment un grand royaume qu’ils couvrent de leur dôme. Au loin l’eau partout calme, disparaît rame par rame, on entend plus ses bruits, ils semblent bien nous fuir. Le rivage opposé semble nous espérer, les berges par leur bruit semblent nous accueillir. Dans mon village, tout s’organise sur l’eau. Entre l’eau et les habitants, c’est une véritable union sacrée, que la crue même n’arrive pas à briser, car ici, on est respectueux des alliances, mieux on sait qu’on se marie surtout pour le pire.rps20150624_075926[1]Ma cité couvre une superficie de 218Km2, avec six agglomérations lacustres où vivent 80.000 âmes. Cité de rêves et d’évasion, où les habitants savent joindre l’utile à l’agréable, des infrastructures d’hébergement sont aménagées pour accueillir des visiteurs et autres touristes passionnés de l’eau et des plaisirs qu’offre cette berceuse hydrique. Pour les activités commerciales, il existe un marché. Au lieu d’être un marché classique, il s’agit d’un marché flottant, sur l’eau, où on trouve de tout pour la cuisine locale. Les marchands et marchandes installent leurs étalages dans des pirogues. Les acheteurs, aussi dans leur pirogue, discutent les prix, échangent les produits, achètent et s’en vont encore par leur pirogue. Quand l’horizon engloutit le soleil et que la nuit couvre de son voile obscur le village, les amoureux se glissent dans le couloir qui est le leur, pour se passer des mots doux : c’est la rue des amoureux, la seule dans le pays. Les jours de fête, dès les premiers chants de coq, les tambours tirent les villageois de leur sommeil. Ils se réveillent vite, plient leur natte et se préparent pour la fête du village. Dans les cuisines, les femmes s’affairent, certains de nos coqs ne chanteront plus jamais, et les vins de palme remplissent les jarres. Personne ne boira ce jour l’eau du lac. Le soir donc, tout le monde se dirige vers la place publique où les groupes folkloriques vont faire des prestations et le groupe le plus talentueux sera primé par les autorités du village. Le jour de la fête, la plus solennelle, est celle dédiée au génie protecteur du village, le génie « Tolègba2». Ce génie est célébré tous les 10 Janvier de chaque année. La légende raconte, que le génie protecteur du village, avait protégé nos aïeux des razzias du roi « Mèhoutô3. » Ce roi organisait chaque année des razzias pour alimenter le commerce des esclaves. Ainsi, un jour le génie aurait provoqué une grande montée des eaux, engloutissant toute l’armée du roi guerrier. Depuis ce jour, le village « Tôgnon », vit son calme, jusqu’à présent. Ainsi, tous les 10 Janvier de chaque année, tous les fils et filles du village qui vivent dans les autres contrées, dans les villes et même au-delà des mers, sacrifient à la tradition de célébrer la paix , de participer aux réjouissances populaires, mais surtout d’aller dans la forêt sacrée, faire des sacrifices rituels pour solliciter la clémence et la protection du génie « Tolègba ». Personne n’aime se fait conter l’événement annuel. Mon village Tôgnon, est le plus beau village. Loin de mon village, j’en ai toujours la nostalgie, pressé que les grandes vacances arrivent pour que j’y aille me mêler à la vie communautaire lacustre : la vie sur l’eau, dans l’eau, par l’eau et pour l’eau.


tokpanoukoudjo

A propos de tokpanoukoudjo

Je suis Béninois, résident au Sénégal. Médecin de formation et spécialiste des maladies infectieuses et tropicales. En outre j'ai une licence en sociologie, ce qui m'aide à faire le pont avec l'homme qui est le coeur de ma profession médicale. En effet tout bon médecin, doit connaître la sociologie de son patient. Car une médecine sans sociologie est une médecine déshumanisée. Ma passion se résume essentiellement en l'écriture et la littérature. Ainsi je suis auteur de "Cedôtôde ou une enfance brisée", roman, édité aux stars Editions, Cotonou, Septembre 2013. A travers ce roman j'évoque la vie difficile des enfants placés appellés '' vidomessi'' en langue '' goungbé'' parlée à Porto-Novo au sud du Bénin. En cours de publications: "Où va le monde des charognards et des vautours", éditions Harmattan, Sénégal. Cet essai de 200 pages aborde les incohérences de la politique africaine et internationale. Cette politiqque qui au nom des intérêts des Etats n'hésite pas à sacrifier des vies humaines. "Ma conviction intime pour le MJUD", Stars Editions. Il s'agit d'une oeuvre de militantisme politique qui relate mon petit parcours d'activiste politique à travers le Mouvement des Jeunes Unis pour le Développement (MJUD). J'ai rencontré mondoblog sur RFI grâce à ma passion pour la culture et la littérature. J'y fais mon petit chemin d'apprenant, pour partager avec le monde les vécus sociétaux et culturels autour de moi. Mes leaders spirituels et charistimatiques sont: Patrice Lumuba, Thomas Sankara, Martin Luther King et Nelson Mandela. Je crois en leur lutte pour un monde plus humain.

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